[Colloque CRESEM] Témoignages, Récits, Archives, Cicatrices, Empreintes et Sociétés

Il s'agit du 1er colloque des doctorants du CRESEM qui propose d'explorer la question des transmissions à partir de la diversité des traces produites et laissées par le temps, les individus et les sociétés.

  • Du 27 au 29 mai
 

Résumé

La transmission ne peut être réduite à un phénomène linéaire : elle se construit toujours dans la tension entre fidélité et transformation, entre permanence et rupture. Elle s’actualise au contact de nouvelles réalités et suppose des formes d’amnésie, conscientes ou inconscientes, qui invitent à interroger ce que les sociétés choisissent de taire, d’oublier ou d’effacer.

La notion de trace se situe au cœur de ces interrogations. Loin de n’être qu’un résidu ou une survivance, la trace constitue un processus actif qui relie le passé au présent. Par définition protéiforme, elle peut être matérielle (un objet, un monument, un document), immatérielle (un savoir, une pratique, une croyance), mémorielle (un souvenir, une commémoration, une transmission familiale ou sociale) ou symbolique (un signe, un rituel, un mythe, une représentation). La trace ne se réduit pas à un simple témoignage du passé : elle s’inscrit dans le présent, où elle continue d’agir. Elle circule entre individus et sociétés, se réactive au gré des contextes, et participe à la transformation des savoirs, des pratiques et des mémoires.

Réfléchir à la trace, c’est interroger la manière dont elle rend la transmission possible mais aussi comment elle peut la contraindre, la détourner ou l’entraver. Ainsi, l’héritage ne peut être pensé comme une simple réception : il suppose des choix, des reformulations, parfois des refus. Les croyances et les paradigmes sociaux déterminent des cadres de pensée qui orientent la mémoire collective et conditionnent les manières de transmettre et de recevoir. Les récits, qu’ils soient historiques, fictionnels ou mythologiques, organisent nos représentations du passé et influencent nos constructions du présent.

Dans cette perspective, les témoignages, les archives, les cicatrices (sociales, politiques, corporelles), les empreintes (visibles ou invisibles, matérielles ou symboliques) constituent autant de terrains d’étude permettant d’analyser les relations entre émetteurs et récepteurs, les dynamiques de dépendance et d’interdépendance qui structurent tout processus de transmission.

Le colloque invite également à une réflexion sur la déontologie et la méthodologie du chercheur. Travailler sur des traces fragmentaires, équivoques ou partielles exige une vigilance critique. Comment restituer des faits ou des récits sans réduire leur complexité ? Comment reconnaître l’incertitude, l’interprétation et le silence comme des éléments constitutifs du savoir, et non comme de simples manques ?

En articulant ces questions, TRACE souhaite ouvrir un espace de dialogue interdisciplinaire, pluridisciplinaire et transdisciplinaire, fédérant les approches issues de l’histoire, de l’histoire de l’art, de la sociologie, du droit, de la littérature et plus largement des sciences humaines et sociales. L’objectif est de croiser les regards afin de penser la trace comme un opérateur de transmission et de transformation, au-delà des frontières disciplinaires.

 

Comité d'organisation :

  • Inès BOUTA, Benjamin BOULITROP, Clément DESPECHE, Jaime GALLEGO BELLAS, Maria F. IANNUZZI DOLMANN, Marine LAMOUR et Nolwenn MIGNOT, Doctorants du Centre de Recherches sur les Sociétés et les Environnements en Mutation

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  • Date : du mercredi 27 au vendredi 29 mai 2026
  • Horaire : de 9h à 17h les 27 et 28 mai 2026 / de 9h à 12h le 29 mai 2026
  • Lieu : Salle bleue (BU, 2ème étage)
  • L’inscription est gratuite
 

Mise à jour le 22 mai 2026
https://www.univ-perp.fr/recherche/colloque-cresem-temoignages-recits-archives-cicatrices-empreintes-et-societes