"Pas besoin d'une vie cinq étoiles"
Anthropologie des liens pour la (sur)vie alimentaire et l'habitat en exil dans la métropole bordelaise
Intervenante : Sarah Marchiset, anthropologue, ATER au département de sociologie, laboratoire CRESEM
© Sarah Marchiset
Informations pratiques
Date : mercredi 8 avril 2026Horaire : de 16h à 18h
Lieu : Salle orange, BU LSH, campus du Moulin-à-Vent
Contacts : mathilde.pette@univ-perp.fr / marie.chartier@univ-perp.fr
Inscription par mail.
Résumé : "Ma thèse interroge les liens entre des personnes « établies », des personnes « migrantes » et l’État par l’expression combinée des façons d’habiter et de s’alimenter dans et autour de squats « gérés » par des militant·es, dans lesquels vivent une majorité d’individus en quête d’une régularisation, à Bordeaux. Pour mieux comprendre ces « arts de faire » (de Certeau, Giard, Mayol 1994), le terrain dans lequel je me suis embarquée s’est concrétisé tant du côté de personnes catégorisées comme « migrantes », que du côté de personnes engagées à leurs côtés revendiquant leur « solidarité », au rythme des tactiques développées face aux contraintes. Entre 2019 et 2021, ouvertures de squats, (menaces d’)expulsions, quêtes alimentaires, projets de régularisation et Covid-19 ont scandé mes recherches. L’ethnographie engagée que j’ai pratiquée et la co-construction du savoir par la mobilisation d’outils sensibles et créatifs m’ont donné accès aux univers de sens de mes interlocuteur·ices. Cela m’a permis de mieux saisir comment toutes ces personnes pouvaient entrer en relation, se relier, se délier, dans un contexte d’hostilité publique à l’égard de personnes catégorisées d’ « indésirables » qui « entretient » un climat d’urgence et d’incertitudes. En suivant le fil de ces rencontres, je questionne les quotidiennetés : au-delà des seules « solidarités », quels types de liens ordinaires se tissent et se brisent entre toutes ces personnes qui cohabitent en squats et dans la ville, résistent, dorment, (ré)aménagent, cuisinent, mangent (…) ensemble ?"