Budget et droits d'inscription différenciés : l'UPVD fait le point

Les mesures budgétaires lancées par le gouvernement en 2026 afin de redresser les comptes publics n’épargnent pas l’enseignement supérieur et la recherche. Contrôle renforcé, nouvelles réglementations et arbitrages financiers revus à la baisse imposent aujourd’hui aux universités d’adapter leurs activités.

À l’Université Perpignan Via Domitia (UPVD), ce contexte national a deux grandes répercussions : l’injonction par l’État d’élaborer un budget rectificatif conforme aux « Conditions de retour à l’équilibre » (CRE) financier et l’application des droits d'inscription différenciés pour les étudiants extra-communautaires.

Bien plus proche de l’équilibre que de la faillite

« L’UPVD n’est pas à la dérive », a tenu à préciser le Pr Yvan Auguet, président de l’UPVD et de la Fondation UPVD, rappelant « que la situation financière de l’établissement est loin d’être mauvaise ». Lors d’une conférence de presse, qui s’est tenue le 9 juin, le président est revenu sur la mise en place du plan CRE et les mesures qui ont suivi son application. Il a rappelé qu’une université est considérée comme financièrement soutenable si elle respecte trois critères distincts :

  • la trésorerie
  • le fonds de roulement
  • la masse salariale

C’est sur ce dernier point que l’UPVD a été enjointe de répondre. Calculé selon le ratio dit « Dizambourg », ce critère demande un taux de masse salariale rapporté aux produits encaissables inférieur à 83 %. Au compte financier 2025, adopté le 13 mars 2026 à l’UPVD, ce ratio était de 85,7 %. Ce « dépassement » est principalement dû aux décisions publiques sur lesquelles l’université ne peut agir et intervient en contradiction avec les dotations données par l’État.

Néanmoins, au nom de ce critère, le Ministère impose aujourd’hui à l’UPVD de mettre en œuvre un plan de CRE.

L’UPVD, à la suite de cette annonce, a fait le choix de la transparence.  Le 12 mai, le président et son équipe ont organisé une Assemblée générale (AG) qui a réuni plus de 400 agents (enseignants-chercheurs, enseignants-chercheurs, personnels BIATSS titulaires et contractuels). Ce moment a permis d’expliquer la mise en place du plan CRE, de répondre aux questions et, à l’issue des échanges, de présenter une motion appelant au retrait du ratio Dizambourg, votée à l’unanimité en Conseil d’administration le 5 juin 2026. Une deuxième motion a été signée par les directrices et directeurs des laboratoires de l'UPVD.

Parmi les mesures prises dans le cadre du CRE, le président souhaite souligner que :

  • La situation financière de l’université, telle qu’énoncée ci-dessus, n’impose pas un plan de licenciement
  • Les cursus ne seront pas impactés, l’emploi du temps pédagogique pour la prochaine rentrée reste inchangé 


Imposition des droits d’inscription différenciés

Appliqué jusqu’à présent à la discrétion des établissements, le décret du 19 mai 2026 impose aux universités la mise en œuvre des droits d’inscription différenciés pour les étudiants venus de pays hors Union européenne. Ces étudiants devront s’acquitter de 2 900 € et 3 900 euros à leur entrée à l’université.

Cette décision ne concerne pas les étudiants et doctorants inscrits à l’UPVD avant la publication du décret. Pour les autres, des exonérations, à hauteur de 30 %, pourront être mises en place.

Le président de l’UPVD regrette cette décision qui va à l’encontre même de la définition de l’université : « L’université doit être ouverte à toutes et tous. L’universalisme, on le vit tous les jours, notamment dans la recherche qui est internationale. »

Quid de la souveraineté nationale

À travers ses prises paroles autour de la situation financière de l’université, le Pr Yvan Auguet souhaite avant tout mettre en avant le contexte économique fragile dans lequel les universités françaises évoluent aujourd’hui.

Avec le plan CRE, il en ressort que les marges de manœuvre sont faibles et l’université reste, au final, tributaire des décisions de l’État. La question du financement de l’enseignement supérieur et de la recherche devient un véritable enjeu de souveraineté nationale dont les acteurs publics doivent se saisir.


Mise à jour le 15 juin 2026
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