INTERREG POCTEFA FLORALAB EFA294/19

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Projet INTERREG POCTEFA FLORALAB 294/19

 
Floralab est un projet de préservation et de valorisation de la flore patrimoniale transfrontalière de l’Est des Pyrénées (Pyrénées-Orientales, Ariège, Catalogne et Andorre) construit sur la conception et l’animation d’un réseau transfrontalier de laboratoires botaniques à ciel ouvert.


Durée: 29 mois du 01/01/2020 au 01/06/2022

 

Objectifs

  • Améliorer les connaissances et innover avec l’appui de la recherche scientifique dans le suivi de la flore est-pyrénéenne rare et menacée
     
  • Favoriser la coopération interprofessionnelle et transfrontalière pour la préservation et la gestion concertée de cette flore et de ses habitats
     
  • Former étudiants en écologie et acteurs du territoire (éleveurs, forestiers, accompagnateurs en montagne, etc.) à la connaissance de la flore pyrénéenne, mais aussi aux enjeux de sa conservation
     
  • Rendre ce sujet accessible au grand public

Qu’est qu’un laboratoire botanique à ciel ouvert exactement ?

Un laboratoire botanique à ciel ouvert vise à devenir un lieu de référence pour la connaissance – conservation – gestion – recherche sur des plantes patrimoniales pyrénéennes. Il s’agit de zones d’intérêt botanique majeur bénéficiant d’un programme d’actions sur la flore, défini et concerté entre les différents acteurs concernés, dans le but de préserver et d’améliorer la / les station(s) floristique(s), et d’acquérir les connaissances utiles à leur conservation.

Floralab se positionne ainsi bien au-delà d’un simple dispositif scientifique « sentinelle » en faveur de la flore patrimoniale. Le projet offre au grand public des occasions de faire connaissance avec la flore pyrénéenne, aux acteurs du territoire des journées techniques pour les sensibiliser à sa vulnérabilité, aux étudiants en écologie des sessions de formation pour une prise de conscience des enjeux et des difficultés de la conservation du patrimoine naturel.
 

En savoir plus : www.floralab.eu/

Génomique des populations de la dauphinelle des montagnes, Delphinium montanum (LGDP, UMR CNRS/UPVD 5096)

Les analyses de génomique des populations de la dauphinelle des montagnes réalisées au LGDP ont permis de mettre en évidence une très forte structuration des populations selon la géographie, avec très peu d'échanges génétiques entre les populations et des signes de consanguinité. Ceci indique une faible capacité d'adaptation de l'espèce face aux futurs changements climatiques. La modélisation de la niche bioclimatique de cette espèce identifie une potentielle diminution drastique de son aire de répartition (-75 % à l'horizon 2040 et -90 % à l'horizon 2070). Cela suggère qu'il faudra renforcer les statuts de vulnérabilité et de protection de cette espèce (actuellement dans la catégorie vulnérable sur la liste de l'UICN). Parmi les actions de conservation, une conservation ex-situ en jardin botanique d'altitude serait à envisager et permettrait notamment d'expérimenter la viabilité de descendances issues de croisements inter-populations.
 

Échantillonnage de feuilles de la dauphinelle des montagnes (© Joris Bertrand)


La dauphinelle des montagnes, Delphinium montanum (© Joris Bertrand)


Publications
  • Salvado et al. (2022) Little hope for the polyploid endemic Pyrenean Larkspur (Delphinium montanum): Evidences from population genomics and Ecological Niche Modeling, Ecology & Evolution, 12(3), 1-13. DOI: 10.1002/ece3.8711. https://doi.org/10.1002/ece3.8711
  • Salvado et al. (2022) Characterization of the complete plastome of Delphinium montanum, a polyploid, endemic and endangered Pyrenean Larkspur, Mitochondrial DNA Part B, 7(4), 590-592. DOI: 10.1080/23802359.2022.2057248. https://doi.org/10.1080/23802359.2022.2057248

Génomique des populations et clarification de la taxonomie de la pédiculaire chevelue, Pedicularis comosa (LGDP, UMR CNRS/UPVD 5096)
Les analyses de génomique des populations de la pédiculaire chevelue réalisées au LGDP montre une structuration des populations associée à la géographie et non à la couleur des fleurs. Ceci suggère la présence d'une seule espèce avec deux morphes de couleur différents (rose pour asparagoides et jaune pour comosa) et non de deux sous-espèces. Il faudra donc privilégier la conservation de l'espèce dans son ensemble pour en protéger toute la diversité génétique et non protéger uniquement le morphe rose (asparagoides) comme cela est le cas actuellement.
 


Morphe jaune (comosa) de la pédiculaire chevelue (© Valérie Hinoux)


Morphe rose (asparagoides) de la pédiculaire chevelue (© Valérie Hinoux)


Publication à suivre…

Caractérisation des sols d’occurrence de Botrychium matricariifolium (CEFREM, UMR CNRS/UPVD 5110)
Cette étude réalisée au CEFREM a mis en lumière plusieurs caractéristiques communes des sols d’occurrence de Botrychium matricariifolium : une texture essentiellement sableuse (40 à 78%), un pH à caractère acide (4,99 à 6,24), une conductivité diminuant rapidement avec la profondeur traduisant une diminution rapide dans tous ces sols des éléments facilement désorbables, un rapport C/N relativement homogène (compris entre 10 et 13) à l’exception d'une station (C/N = 20). Ces travaux ont montré que le calcium et dans une moindre mesure le magnésium sont les deux éléments les plus disponibles dans les sols. Ceci pourrait indiquer que cette espèce serait plus tolérante à la présence de calcium que ce qui a été décrit dans la littérature et en particulier dans l’Est de la France.


Échantillonnage d'un sol d'occurrence de Botrychium matricariifolium à l'aide d'une tarière (©Roselyne Buscail)


FLORALAB et la formation des étudiants du master BEE BDD, UPVD
Les étudiants du master BEE BDD ont contribué à la production des 10 fiches espèces cibles pour le site web du projet (https://www.floralab.eu/les-especes/), à ~60 % des formulaires de suivi ODK pour Pedicularis comosa et ses deux morphes de couleurs, rose pour asparagoides et jaune pour comosa, à la caractérisation de l'habitat de Chrysospenium alternifolium et à un outil de sensibilisation, une fable de la biodiversité, « l'azurée, la gentiane et la fourmi ». Ces contributions ont été réalisées dans le cadre de modules existants « floristique » et « sensibiliser et éduquer au développement durable » mais aussi du module « FLORALAB » nouvellement créé dans le cadre du projet et intégrant la nouvelle maquette 2021-2025 du master (lien page web upvd de la formation). Ce module inédit représente une opportunité unique pour nos étudiants d'acquérir des connaissances naturalistes, de découvrir notre travail en réseau et en transfrontalier, de rencontrer des gestionnaires d'espaces naturels protégés et de mesurer ce qui diffèrent entre pays, France, Espagne et Andorre. Les étudiants apprécient de travailler en équipe, inter-promotion (M1 & M2) et que le fruit de leur travaux soient utiles au projet. Le projet FLORALAB a également recruté plusieurs stagiaires de cette formation : Pascaline Salvado qui a réalisé les études de génomique des populations sur la dauphinelle des montagnes (2021, 5 mois en M1) et sur la pédiculaire (2022, 5 mois en M2) et Paula Voegele qui a amélioré le protocole de suivi de la gentiane des marais (2021, 5 mois en M1). En additionnant le stage d'Eros Mahdjoub-Adell du master Sciences de la mer, qui a réalisé les analyses pédologiques de Botrychium matricariifolium, les étudiants de l'UPVD ont été impliqués dans l'amélioration des connaissances de 5/10 espèces cibles du projet.
 


Illustration extraite de la restitution orale concernant le volet formation à l'UPVD et présentée par Valérie Hinoux lors du colloque final du projet FLORALAB.

Ce projet est co-financé à hauteur de 65% par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) dans le cadre du Programme Interreg V-A Espagne-France-Andorre (POCTEFA 2014-2020). L’objectif du POCTEFA est de renforcer l’intégration économique et sociale de l’espace frontalier Espagne-France-Andorre. Son aide se centre sur le développement d’activités économiques, sociales et environnementales transfrontalières par le biais de stratégies conjointes en faveur du développement territorial durable. www.poctefa.eu


Contact: Valérie Hinoux
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Mise à jour le 21 septembre 2022