Abderahmen MOUMEN

Docteur en Histoire (2006)

Chargé de recherches historiques au Musée-mémorial du camp de Rivesaltes

Chercheur associé au CHRiSM

 

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 Axes de recherches

 Mes travaux de recherches sont orientées sur deux axes principaux :

a)      la question de la guerre d’Algérie et plus particulièrement des anciens supplétifs de l’armée française dénommés plus communément par le terme générique « Harkis » ainsi que des prisonniers nationalistes algériens (membres du FLN ou du MNA) incarcérés et/ou assignés en France

b)     ensuite, la question des migrations politiques induites par la décolonisation, en particulier au Maghreb, et plus particulièrement les « rapatriés d’Algérie »

 Initialement débutés par un sujet précis « les Français musulmans rapatriés » et/ou Harkis en France, j’ai progressivement élargi mes champs d’étude aux Européens d’Algérie devenus pieds-noirs et par extension à ceux en provenance du Maroc et de Tunisie, ainsi qu’à la diversité des Juifs d’Afrique du Nord. Colonisation française mettant un terme à la présence ottomane sur le territoire algérien, guerre d’Algérie, guerres de décolonisation de moindre intensité au Maroc et en Tunisie, sont ainsi des périodes que mon champs de recherche m’a permis d’appréhender.

Mes travaux actuels dans le cadre tant du Musée-Mémorial du camp de Rivesaltes que de la Maison d’histoire et de la mémoire d’Ongles m’ont permis de lancer des recherches sur des thèmes encore méconnus ou peu étudiés (La formation professionnelle des militaires algériens de l’Armée française dans le cadre de l’action psychologique contre le FLN, le centre pénitentiaire de Rivesaltes pour les militants nationalistes du FLN et du MNA ouvert à la veille des Accords d’Evian dans le but tant de vider les camps d’assignation à résidence surveillée – CARS que dans la perspective d’une libération prochaine vers l’Algérie, le camp de transit de Rivesaltes pour les familles d’anciens supplétifs : modalités d’ouverture, de fonctionnement et de gestion) voire totalement novateurs (les camps d’internement, de rééducation et centres pénitentiaires de l’Algérie indépendante pour les anciens supplétifs après 1962 jusqu’à la fin des années soixante). Mes recherches participent ainsi pleinement au débat historiographique sur la guerre d’Algérie et ses conséquences. Je m’inscris totalement dans le renouvellement et l’approfondissement des questions liées à la guerre d’Algérie où l’histoire joue un rôle social essentiel pour le dépassement des conflits de mémoires. L’ouverture de fonds d’archives souvent encore inexploités, tant au Château de Vincennes pour les archives militaires qu’à Fontainebleau pour les archives nationales, ainsi que les archives locales (départementales, municipales, fonds privés) me permet d’espérer de nouvelles avancées prometteuses pour la recherche scientifique sur cette période.

 Parcours de recherche

 Chargé de recherches historiques au Musée-Mémorial du camp de Rivesaltes (MMCR) depuis octobre 2006, dont le directeur scientifique est Denis Peschanski (directeur de recherches au C.N.R.S., professeur des Universités, Université Paris I Panthéon-Sorbonne) et le président d’honneur, monsieur le sénateur Robert Badinter.

 Qualifié à la section 22, Conseil national des universités (CNU) le 8 février 2008 ; rapporteurs : Marie-Claude Vitoux (Maître de conférence à l’Université de Mulhouse) et Isabelle Dasque (Maître de conférence à l’Université Paris IV Paris-Sorbonne)

 Thèse soutenue le 12 juin 2006 : Rapatriés, pieds-noirs et harkis dans la vallée du Bas-Rhône. Des défis de l’installation aux quêtes identitaires des années cinquante à nos jours. Eléments pour une histoire nationale,  Thèse de doctorat en Histoire contemporaine, 2006, 686p (annexes : 260p.)

Mention très honorable et les félicitations du jury. Ce dernier était composé comme suit : Colette Dubois (Directrice de thèse, Professeur, Université de Provence), Jacques Frémeaux (Rapporteur, Professeur, Université de Paris IV), Jean-Marie Guillon (Professeur, Université de Provence), Jean-Charles Jauffret (Président du jury et rapporteur, Professeur, Université Aix-Marseille III – IEP), Jean-Jacques Jordi (Directeur du Mémorial de l’Outre-Mer, Marseille).

Laboratoire de préparation de la thèse : Institut d’Etudes Africaines (IEA)

 Résumé : Les rapatriements induits par la décolonisation française constituent un bouleversement pour la France et les régions méridionales particulièrement. Les départements de la vallée du Bas-Rhône — Vaucluse, Gard, Bouches-du-Rhône — accueillent ainsi des dizaines de milliers de famille, essentiellement d’Algérie, modifiant sensiblement le paysage démographique.

Les pouvoirs publics mettent en place une administration d’accueil à l’intention des repliés / rapatriés. Le logement et l’emploi sont les deux défis à résoudre dans l’urgence. Si leur installation s’effectue finalement, le traumatisme du rapatriement est cependant réel. Des associations de rapatriés voient le jour et centrent leurs revendications autour de l’amnistie, les disparus et l’indemnisation. Progressivement, les rapatriés deviennent un enjeu politique avec comme principal combat la perpétuation d’une mémoire de l’Algérie française. Les années soixante-dix voient aussi la lente apparition du groupe social Harkis.

A partir des années 1980, les quêtes identitaires prédominent : les associations de revendications laissent le pas aux associations culturelles et autres amicales, tiraillées entre « nostalgérie «  et réconciliation. Les groupes sociaux  — pieds-noirs, juifs d’Afrique du Nord et harkis —  apparaissent ainsi de moins en moins homogènes. Si rapatriés du Maroc et de Tunisie se réconcilient rapidement avec leur passé, les relations entre les pieds-noirs et l’Algérie sont cependant plus équivoques, relations qui se normalisent cependant pour certains par ces voyages du retour durant les années 2000. Les Juifs d’Algérie, un particularisme parmi les Juifs du monde arabe comme ceux du Maroc et de Tunisie  réinstallés pour l’essentiel en Israël, se sont tout naturellement repliés sur la France. Les orientations identitaires se scindent entre une séfaradité affirmée par la reconstitution d’espaces de sociabilité communautaires, une judéité moins marquée ou une algérianité retrouvée entre autre par ces pèlerinages en Algérie. La « question Harkis » demeure cependant un sujet encore sensible tant en France avec cette progressive évolution vers les réparations matérielles et une reconnaissance par les pouvoirs publics, qu’en Algérie avec la libre circulation et le retour en Algérie. L’étude des mémoires de la guerre d’Algérie, avec ses accélérations en France comme en Algérie, sous-tend cette étude.

 Mémoire de DEA : Les rapatriés d’Algérie dans la Vallée du Bas-Rhône de 1962 à nos jours. Identité et mémoire, sous la direction de Robert Mencherini, Université de Provence, septembre 2001, 204p. (annexes : 81p.). Mention Bien.

Mémoire de maîtrise : Les Français musulmans en Vaucluse (1962-1991). Installation et difficultés d’intégration d’une communauté de rapatriés d’Algérie, sous la direction de Robert Mencherini), Université d’Avignon, octobre 1999, 363p (annexes : 175p.). Mention Très Bien. Information scientifique et vulgarisation 

Dernière modification : mercredi 4 mars 2009