[CEFREM] Campagne océanographique GARANTI

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du 6 mai 2017 au 25 juin 2017

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A la recherche d’anciens ponts terrestres ayant permis la migration d’espèces entre les Amériques à travers l’espace ouvert des Caraïbes il y a plus de 5 millions d’années


Depuis Pointe-à-Pitre, le navire océanographique français L’ATALANTE partira pour 51 jours dans la Mer des Caraïbes, pour réaliser la mission océanographique GARANTI.

Le plongement du plancher de l’océan Atlantique sous la plaque Caraïbe, appelé par les spécialistes la zone de subduction des Petites Antilles, est responsable de nombreux séismes, comme celui qui a réveillé la Guadeloupe il y a quelques jours, et de l’activité volcanique, comme à la Soufrière ou la Pelée. Sur le long terme (plusieurs centaines de milliers à dizaines de millions d’années), ce processus de subduction entraine d’importants mouvements verticaux au sein de la plaque Caraïbe. En témoignent par exemple les calcaires de La Grande-Terre, Marie-Galante et La Désirade formés il y a plus d’un million d’années à fleur d’eau et qui aujourd’hui culminent à plusieurs centaines de mètres d’altitude.

Le projet GARANTI a pour objectif d’étudier ces mouvements verticaux en remontant plus encore dans le temps, jusqu’à 65 millions d’années, à une époque où l’arc volcanique des Antilles se trouvait 200 à 300 km plus à l’ouest sur la ride d’Aves. Cette période revêt un intérêt particulier car elle correspond à un moment où des faunes de mammifères d’Amérique du Sud ont pu envahir les Antilles puis évoluer en espèces endémiques, comme le fameux rat géant Amblyrhiza inundata qui a vécu dans les îles de Saint-Barthélémy, Saint Martin et Anguilla !

Du 6 Mai au 25 Juin 2017 les scientifiques et les marins embarqués à bord de L’ATALANTE pour la campagne GARANTI vont acquérir près de 1200 km de profil de sismique grand angle, une technique qui à l’aide de stations sismologiques sous-marines autonomes permet de révéler les grandes structures de la croûte terrestre. Dans un second temps, ce sont plus de 3000 km de profil de sismique réflexion et diverses autres techniques d’imagerie géophysique sous-marine qui seront acquis pour explorer de façon détaillée l’organisation tectonique et sédimentaire des bassins et des rides. Enfin une troisième étape d’échantillonnage géologique permettra de récupérer des roches des formations sédimentaires et volcaniques. Ces formations géologiques feront l’objet de datations absolues précises. Différentes spécialités apporteront des informations complémentaires sur les anciens environnements, comme les études micro-paléontologiques qui ont été confiées à Maria-Angela Bassetti, maître de conférence au CEFREM (UMR 5110 CNRS UPVD).

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Mise à jour le 3 mai 2017